Sri Lanka, dernière étape

Nous avons terminé notre beau périple par le pays de Ceylan, l’île aux merveilles.

Tout au long de notre blog, au fil des pays, nous vous avons parlé des gens et de leur sourire. Le Sri Lanka en fait également partie. Cette île s’ouvre au tourisme après le tsunami de 2004 qui a dévasté les côtes du sud laissant des familles orphelines et sans abris et après une guerre civile dont les conflits ont cessé en 2009.
Les Sri Lankais sont des gens fascinants, leur sourire est permanent.

Ella Rock

Vous savez celui qui est contagieux et qui donne la pêche même quand vous  vous êtes levé du mauvais pied (oui ça arrive, même en voyage !). Ils sont  d’une générosité hors paire. Curieux du mode de vie et du monde dans lequel vous vivez, ils s’intéressent, posent des questions et puisque les conversations durent ils vous invitent à boire le thé et vous offrent de quoi grignoter. Bien souvent ce sont des fruits au goût délicieusement sucré qu’on ne trouve qu’ici. La terre est riche, la nourriture abondante et pour un Lankais  il est normal de pouvoir manger à sa faim parce que tout le monde entretient un jardin.

Au fil d’une  conversation avec un homme d’une cinquantaine d’année, ce dernier a parût  étonné quand nous lui avons expliqué  que beaucoup d’européens achetaient  leur nourriture dans des magasins,  que pour la plupart nous n’avions pas de potager et que pour une  partie de la population française il était parfois difficile de trouver un job. « Mais en fait vous êtes pauvres ! » nous a-t-il dit. Pour lui, dans son pays, même les gens sans emploi  trouvent toujours un petit job à faire et peuvent manger à leur faim car la nature est généreuse.

Dans ce pays, on peut lâcher prise totalement, faire confiance, suivre quelqu’un sans se demander où est l’arnaque. Il n’y en a pas. Du moins pas dans les  villages où nous sommes restés la plupart du temps. A nuancer tout de même car comme dans beaucoup d’endroit aux alentours des spots touristiques et donc du tourisme de masse, les aberrations tarifaires et les entourloupes en tout genre restent fréquentes.

Nous avons volontairement choisi de rester dans le sud du pays car les transports sont très longs et fastidieux, nous avons préféré nous épargner et prendre du repos pour la fin de notre aventure.

Pour commencer, nous avons pris la direction d’Ella, un village situé au milieu des montagnes dans le centre de l’île, réputé par ses plantations de thé importé par les anglais en 1815. Ceux-ci  ont trouvé sur cette île des conditions idéales de production. Nul besoin de vous parler de la renommée de Ceylan… Il y a bien évidemment les mastodontes du secteur comme Lipton mais aussi une myriade de petits producteurs dont nous savourons encore le nectar chaque matin.

Plantation de thé à EllaLa cueillette des feuilles vertes se fait très tôt le matin. Un travail fait la plupart du temps par les femmes. Nous vous épargnerons un exposé technique sur la méthode utilisée pour obtenir le thé de vos petits déjeuners. Allez-y ! Car après une ballade dans le dédale des plantations et la visite d’une usine, nous ne buvons plus notre thé de la même façon.

Pour nous déplacer dans le centre de l’île, nous avons choisi le train ; un autre héritage des Grands Britons. Ce moyen de transport hyper utilisé par les Lankais est aussi épique qu’agréable. Le chemin de fer est dans beaucoup d’endroits la voie la plus sûre à emprunter  par le train, mais aussi par des bus réaménagés ainsi que les piétons.  Le train n’étant pas un TGV, on a le temps de le voir et de l’entendre arriver. Nous avons à plusieurs reprises emprunté les voies pour nous balader dans les environs.

Sur les railsL’autre moyen de transport  très répandu est le bus. Ils sont nombreux et desservent tous les villages à une fréquence élevée. Impossible de se perdre, pas besoin de s’organiser à l’avance, tout peut se faire au feeling, l’idéal !

Les bus, pour la plupart de compagnies privées, attirent les clients potentiels par un concert de vocalises ; le chauffeur, sur qui Buddha veille, se partage le travail avec un rabatteur/vendeur/poinçonneur. Ils font rentrer un maximum de passager  pour maximiser leurs recettes. Les usagers sont  serrés, l’allée peut contenir deux personnes côte à côte dans la largeur. Au fur et à mesure du trajet les gens bougent pour laisser la place à ceux qui montent ou qui descendent. Ceux qui sont assis prennent sur leurs genoux les bagages de ceux qui sont debout. Tenter de rester à côté de son sac est impossible ; alors on le laisse dans un coin et on le récupére juste avant de descendre ! Malgré la promiscuité, la chaleur et les à coups du chauffeur, tout se passe dans la courtoisie et la gentillesse. Nous avons pris quelques transports en commun en un an, et c’est clairement au Sri Lanka que les contacts étaient les plus agréables dans les trains et bus. Une curiosité agréable, une envie de discuter qui montre d’une part l’évolution récente du pays et d’autre part le naturel détendu et souriant de Monsieur tout le monde dans ce pays.

Le vivre ensemble peut-il être aussi simple ? Apparemment oui !

BusAprès les incontournables plantations de thé, nous avons réalisé l’immanquable safari dans l’une des réserves naturelles du pays. Conscient de leur patrimoine naturel, de la formidable biodiversité du pays et de l’attrait touristique que cela représente, le gouvernement à mis en place plusieurs grandes réserves naturelles.  Un membre actif de WWF hurlerait au scandale devant certaines pratiques, mais l’idée est là, en train de faire son chemin et c’est déjà très bien.

La réserve où nous étions (Udawalawa National Park) se parcourt en jeep rehaussée et toit ouvert. Nous avons tenté de partager notre jeep de 6 places avec d’autres touristes, mais cela n’a pas été réellement entendu par le jeep man / Business man ! Plus rentable d’affréter deux jeep pour 2×2 personnes plutôt qu’une pour tout le monde.
Nous sommes donc partis à deux, avec un « guide » et un chauffeur à la découverte de ce grand domaine  réservé aux éléphants, crocodiles, buffles d’eau et autre varans.

Nous en avons pris plein les yeux, mais n’avons malheureusement pas appris grand-chose. Les commentaires du guide se limitaient à « Look, an elephant… » ou bien à des « And here, a bird »… Mais pas plus. Nous avons espéré en ressortant que ces parcs aient un vrai bel avenir et que les Lankais qui y travaillent aient la possibilité d’apprendre et de transmettre.
Look, an elephant

Il y a des choses contre lesquelles on ne peut malheureusement pas lutter quand on est  de passage. On ne peut qu’espérer un avenir encore meilleur et rester au plus proche possible de ses valeurs écolo en ne laissant rien derrière soi si ce n’est quelques empreintes de chaussures.

La date du retour approchait… Nous voulions nous poser avant de rentrer en France, nous trouver un petit coin sympa en bord de mer et profiter du temps qui passe.

Depuis notre arrivée au Sri Lanka, nous rêvions de longues plages. Nous nous sommes donc rendus sur les grandes étendues dorées du sud avec vue directe sur l’océan Indien.
Grosses vagues, snorkeling, tortues de mer qui pondent sur la plage, resto les pieds dans l’eau, dodos bercés par le bruit de l’océan à quelques mètres de nous, salades de fruits géantes au petit déj…Tout cela nous a comblé, suffisamment pour ne pas changer de guest house après avoir délogé une fourmilière de sous le lit ! Un petit coin de paix, au bord de l’océan, tenu par deux p’tits français fabuleux de gentillesse.
Mirissa

Et puis quand on reste quelques temps au même endroit, on finit par faire de bien belles rencontres.

L’un restera dans nos mémoires très longtemps. La rencontre de la cashew familly qui nous généreusement accueilli. C’est le fils cadet, chauffeur de tuk-tuk, qui nous a interpellé sur la plage pour nous proposer d’aller voir les tortues à la nuit tombée. Un chauffeur de tuk-tuk, après un an de voyage, on s’en méfie un poil ! En tout cas, il part avec un handicap. Mais quand ce chauffeur vous invite à manger chez lui avant d’aller voir les tortues, ca ne se refuse pas.

Nous y avons passé deux soirées et avons encore aujourd’hui des nouvelles des trois frangins (the three monkey comme dit leur maman !).
Cashew Family

Nous avons passé deux semaines dans les environs de Mirissa et bougé au grès des rencontres.

Nous avions besoin de paix avant notre retour, de calme après l’Inde du Nord. Nous y avons trouvé bien plus que cela et ce pays a été la dernière étape idéale : dépaysant comme il faut, une douceur de vivre fabuleuse, des paysages grandioses et surtout… des gens souriants et agréables.

Et puis il a fallu rentrer… Partagés entre la joie de retrouver nos familles, nos amis qui nous attendaient en France et la tristesse de quitter ce mode de vie qui a été le notre pendant un an. Voyager, découvrir, s’ouvrir au vaste monde et respirer à pleins poumons des ambiances très différentes.

Nous avons mis près d’un an à pondre cette dernière mise à jour et ce n’est pas pour rien vous vous en doutez !

Le retour a été aussi difficile que le voyage a été fabuleux.

Toutes ces images, ces odeurs, ces sourires nous accompagnent maintenant tous les jours et c’est en soi une force incroyable. Mais le retour dans notre société « moderne » a été progressif.

Où sont les sourires ? Mais que sont ces idées noires de haine de l’autre qui se sont démocratisées ? Pourquoi faites vous la gueule dans le métro ?

Alors on se prend à répandre des sourires de temps à autre et ô merveille ils trouvent des échos !

Souriez, la vie est belle m’sieur dames !

Publié par Jess & Raph

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