Le plateau des Bolovens

Nous avons quitté Pakse pour une boucle de quelques jours autour, avec notamment la découverte du plateau des Bolovens, LE site de culture du café au Laos.
Nous étions impatiens de partir à la découverte des pistes rouges du sud du pays.

Piste vers le plateau

Piste vers le plateau

De Pakse à Saen Vang : Première journée sur une route bitumée, le soleil nous brûle , le vent ne nous rafraîchi que très légèrement. Une pancarte « Waterfall »… Ouf on va pouvoir se détendre au frais.

Après le passage guichet (En effet, toutes les chutes d’eau sont payantes. L’argent récolté est parfois utilisé pour l’aménagement du site, parfois pas…). Après une petite marche ombragée nous découvrons un endroit superbe.

Les chutes sont juste « Whaou » …

Waterfalls Whaou

Waterfalls Whaou

L’ensemble est réhabilité ; l’eau est canalisée, un pont en bambou suspendu traverse la rivière pour rejoindre les deux rives, un ensemble de bâtiments en bois propose de l’artisanat local, et expose en image l’évolution du site. Nous sommes restés un bon moment à admirer les chutes , regarder les gamins pécher, les ados se baigner pudiquement (c’est à dire tout habillé !) et les mères faire la lessive.

Baignade à la mode locale

Baignade à la mode locale

Ensuite, nous avons repris la route en direction de l’est, puis nous sommes arrêtés à la nuit tombante à Saen Vang : un village situé  à côté d’autres chutes d’eau, les Tad Lo. Nous y avons trouvé une guest house très sympa proposant des bungalows en bord de rivière. La nuit fût calme, bercée par le courant.

De Saen Vang à Attapeu : La seconde journée nous a conduits après une belle aventure de quasi 12 heures à Attapeu ; une ville du sud-est aux frontières du Cambodge et du Vietnam.

Nous sommes partis assez tôt, d’abord en direction des plantations de thé et de café perdues au milieu des pistes de terres rouges. Le sentier était trop difficile d’accès, nous avons du rebrousser chemin et reprendre une route bitumée.
Après un bon repas, deuxième dégustation en 24 heures d’un plat Lao : Le Laap (du bœuf sauté avec coriandre, menthe, citronnelle et pointe de piment, le tout accompagné d’un sticky rice ou riz collant, c’est absolument divin), nous avons poursuivi la route jusqu’à Paksong puis bifurqué vers l’est en direction des plantations de café et d’une cascade qui s’avérera introuvable !
Le Dakar ?

Le Dakar ?

D’abord des plants de café à perte de vue sur des parcelles de terre rouge, puis une piste de terre, route en construction ; c’est à ce moment que l’aventure commence ! Nous mettrons plus de 6 heures pour faire 70 kilomètres !!

La piste qui au début était large et relativement bien tassée s’est rapidement transformée en un chemin étroit complètement défoncé ! Rassurez vous, on a été prudent… Allure lente pour éviter toute chute sur une route poussiéreuse. A certains moments la roue avant s’enfonçait dans quasiment 15 cm de terre ou plutôt de poussière de terre ! La roue avant donnait l’impression de se frayer un passage dans de l’eau.

Il n’y a peu de signalisation au Laos, aucun panneau . Et ce qui devait arriver arriva, nous nous sommes trompés de route. Le soir avec un peu de recul nous avons réussit à retracer le trajet et nous sommes rendu compte que nous avons emprunté une route … interdite ! Le regard incrédule des locaux croisés aurait du nous mettre sur la voie ! Rien de dangereux sur cette route (ça c’est pour les parents !) mais pas de route à proprement parlé, plutôt une succession de pseudo routes en construction !

La copilote

La copilote

Une seule chute à déplorer, au ralentit dans la boue ! Lors des travaux de voirie, le sol est arrosé pour le tasser plus facilement.
Ca donne des routes impraticables aux touristes et une vraie patinoire pour un deux roue ! La moto y a laissé un petit bout de plastique ! Certainement un endroit fragilisé par le  précédent crash d’un autre touriste.

Après une alternance de chemins poussiéreux , sableux , boueux et de pistes stabilisées nous avons fini par retrouver une route bitumée. Nous avons terminé le trajet de nuit vers Attapeu. La conduite de nuit au Laos demande une concentration de tous les instants : on croise des camions en plein phare, des piétons marchants dans le noir ou encore des chiens, vaches et poules qui traversent au dernier moment juste devant vos roues !

Attapeu ne sera qu’une ville étape, aucun intérêt touristique. Nous avons logé dans une petite guest house tenue par une famille originaire du Vietnam, une pension assez crasseuse mais décrite comme « very nice » par le proprio.Encore le sens très local des affaires !

De Attapeu à Champassak : le troisième jour, nous savions à quoi nous attendre : la route est indiquée comme fermée lors de la saison des pluies ! De plus, quelques jours auparavant, nous avions croisé un Lao dans un restaurant qui nous avait dit « Si vous aimez l’aventure, allez-y ! ».

Une pause à l'ombre

Une pause à l’ombre

L’aventure, ca veut donc dire une piste de terre et aucun pont pour traverser les rivières.

La route a été un réel plaisir, exception faite du dernier tronçon très rocailleux. Nous avons emprunté une route très peu fréquentée. Une alternance de paysages, les uns jaune, aride, quasi désert attendant les prochaines pluies pour devenir de superbes rizières ; les autres sombres, gris poussiéreux laissant apparaitre le noir des derniers troncs d’arbres calcinés par la déforestation ; puis le vert d’une jungle luxuriante alimentée les nombreux court d’eau et par la fameuse terre rouge du Laos.

Nous avons été témoin d’une réalité encore présente au Laos. La déforestation massive par des parcelles entièrement rasées puis mise à feu, à certains moments nous sentions l’odeur des arbres coupés, une odeur forte de bois exotique. Les troncs sur le bord de la route étaient impressionnants par leurs diamètres et leurs tailles.

Quel âge ? Vieux...

Quel âge ? Vieux…

Le proprio de la guest house nous avait indiqué le chemin et donné quelques repères : « vous aurez à traverser une rivière avec un bac, les autres par vous-même ».

Les deux premières rivières étaient faciles à passer, la troisième beaucoup moins ! Nous avons hésité avant de nous y engager, persuadé d’être sur une mauvaise route vue la largeur et la profondeur du cours d’eau.

Euh sûr ?

Euh sûr ?

Après avoir vu un p’tit jeune du village engager sa moto sans l’ombre d’un doute nous l’avons suivi. Il nous a très gentiment guidé et heureusement car sans son aide nous étions certains de terminer dans un trou d’eau avec un moteur noyé !!

A chaque traversée de villages, une succession de « Sabaidi » (bonjour) des enfants et de regards amusés des adultes. Nous étions les seuls petits blancs à emprunter cette route ce jour là.

La dernière partie a été moins drôle puisque l’embrayage de la moto a montré de sérieux signe de faiblesse en faisant un bruit inquiétant à chaque passage de vitesse. Nous nous voyions tomber en rade au milieu de nulle part.

La route a été l’aventure décrite par le Lao croisé quelques jours plus tôt à Pakse.

Nous avons terminé la journée sur une route asphaltée et sommes arrivés jusqu’aux berges du Mekong, juste avant le couché de soleil. Champassak, notre ville étape était juste en face.
Un peu tard, nous avons loupé le bac « officiel » et pris une embarcation  privée après une petite négociation pour traverser.

Cet instant sur le Mekong été un moment absolument magique. Des couleurs fabuleuses sur l’eau et sur les montagnes de Champassak en arrière plan.

Couché de soleil sur le Mékong

Couché de soleil sur le Mékong

Que de frissons à regarder cette beauté !

Champassak et le Wat Phou : Après une bonne nuit de sommeil dans une guest house très agréable, nous avons repris la route pour aller visiter le Wat phou qui est un temple Khmer, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La majeure partie du site a été construite entre le 10ème et le 12 siècle lorsque le Laos était occupé par les Khmers. Ce site a été et reste un sanctuaire bouddhiste. Chaque année, en janvier ou février suivant le calendrier lunaire, un important pèlerinage s’y déroule. Nous en avons vu les préparatifs mais notre visa ne nous permettait pas de rester jusqu’aux dates !

Une suite d’escaliers et de terrasses bordées de frangipaniers centenaires donnent accès au sanctuaire principal.

Vers le sanctuaire

Vers le sanctuaire

Plusieurs importants bâtiments sont en cours de réhabilitation et donc inaccessibles.

En continuant à monter on arrive à un autre site plus ancien qui abrite un petit temple et une petite grotte regorgeant d’offrandes.

Il y a une pratique qui peut sembler curieuse aux non pratiquants : les bouddhistes se rendent à cette petite grotte pour y adresser une prière et puis placer un bout de bois entre le sol et la roche du « plafond ». On a ainsi l’impression que ces petits bouts de bois fluets tiennent la montagne toute entière !

Le site est impressionnant et donne une première idée de ce que nous verrons dans quelques jours à Angkor.

Après la visite du site et un bon repas nous avons regagné Champassak pour une après midi vélo pour Jess et skype/bière pour Raph !

De Champassak à Pakse : Dernier jour de notre virée. Nous regagnons Pakse pour rendre la moto, récupérer le passeport laissé en caution, en croisant les doigts pour que le petit bout de plastique laissé dans la boue ne nous coûte pas une fortune !

Après avoir reservé notre trajet de bus pour le lendemain et fait un tour à la poste pour envoyer nos cartes postales achetées à Luang Prabang ( !!!) nous avons rendu la moto. Pour notre plus grande chance ce n’était pas la même personne au comptoir ! Nos n’avons donc eu aucun problème pour rendre la moto, expliquer que « non c’est pas nous qu’on a cassé la moto, regardez mes coudes et mes genoux je suis pas tombé ! » et récupérer le passeport laissé en caution !

La moto affichait 500 kilomètres de plus au compteur. En France ce n’est pas énorme, sur les pistes du Laos ce n’est pas la même histoire !
Dans le courant de l’après midi nous avons gouté le café du plateau Boloven : puissant, un gout très fort et visiblement beaucoup de caféine puisque Jess n’en a pas dormi le soir…

Publié par Jess & Raph

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2 réflexions au sujet de « Le plateau des Bolovens »

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